r atténue les chocs, les frottements, dans le cas des pneus, par exemple, comme l'huile qui permet d'harmoniser ce qui "grince" ou fait fonctionner ce qui ne "tournait plus" dans le cas des essieux, par exemple. Ainsi ces symboles de l'Esprit se rejoignent et manifestent que celui-ci est à la source du feu de l'amour (Pentecôte / Ac 2) et qu'il réconcilie ce qui grince et permet de "remettre en marche" ce qui ne peut plus avancer en "amortissant les chocs, les frottements (Mc 6,13) ou les blessures (Lc 10,34).
Dans lAntiquité, les bateaux étaient rendus étanches par des mélanges de cires, dhuiles et de goudron. Le corps gras permet l'étanchéité, ce qui empêche de couler. D'autre part, le souffle de l'Esprit fait avancer la barque et s'oppose parfois aux vents contraires, aux souffles du monde qui mettent en péril l'embarcation (Mt 8,24). Chez les animaux, les corps gras sont aussi un isolant thermique.
Chez les animaux, les corps gras constituent une réserve dénergie, (de force / Is 11,2) un apport déléments nutritifs indispensables. "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et de mener son oeuvre à bonne fin." (Jn 4,34) C'est dans l'Esprit, reçu sous forme d'une colombe, à son baptême que Jésus se nourrit en faisant la volonté du Père (Mt 3,16-17).
Dans le règne végétal, les lipides sont le plus souvent concentrés dans le fruit, pour permettre à lembryon de disposer dune source dénergie nécessaire à son développement. "Les fruits de l'Esprit sont charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres." (Ga 5,22) Mais si le fruit n'est pas bon, on le jette au feu (Mt 7,19).
Le don de l'huile sainte au baptême, fruit de la Passion du Christ
Lhistoire des corps gras se confond avec celle de lhumanité. On retrouve des lampes à huile et des chandelles chez les Égyptiens qui connaissaient aussi le pouvoir lubrifiant des huiles, utilisées pour déplacer les matériaux lourds et graisser les essieux des chars. Les moulins pour presser les olives étaient connus en Égypte, en Grèce et à Rome. Le symbolisme de l'huile se superpose exactement à celui de l'olivier puisque l'huile, en Israël, provenait des olives broyées. Les olives sont dabord lavés (symbole de la conversion), puis broyés dans une presse à vis (symbole de la croix). Le mélange dhuile (symbole de l'Esprit) et deau (symbole du baptême dans le Christ) est ensuite centrifugé (symbole de la vie dans l'Esprit). On termine lopération, si nécessaire, par une filtration (par la mort, l'Esprit nous purifie) qui clarifie lhuile. Cette dernière est appelée "huile vierge" (symbole de la résurrection).
Le Christ se rend au mont des Oliviers (Mt 26,30) avant de descendre à Gethsémani. Il manifeste ainsi qu'il va être broyé comme les olives pour donner au monde la Douceur (symbolisée par la consistance de l'huile) dans l'Esprit en donnant sa vie sur la croix (Jn 19,30). Le Christ (symbolisé par l'eau du baptême) et l'Esprit (symbolisé par l'huile) sont nécessaire pour atteindre la joie en Dieu (Ps 45,8; Mt 3,11). Toutefois, l'Esprit n'est pas le Fils, l'huile est indissoluble dans l'eau ! L'huile se rassemble en une seule masse dans l'eau. Ceci symbolise l'onction d'huile indissoluble et donc ineffaçable du baptême (Ex 40,15). Cette onction est clairement liée au don de l'Esprit-Saint (Is 61,1; 1 S 10,1-4) puis par Jésus lui-même: "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres." (Lc 4,18)
Un autre rite prébaptismal est celui de lonction de lhuile sur tout le corps. Cette onction dhuile est faite par le diacre pour les hommes et par la diaconesse pour les femmes. Elle a eu des significations diverses. Dans lensemble des Églises, lonction dhuile était interprétée comme communiquant une force en vue du baptême. Mais les Églises syriennes et cappadociennes lont entendue comme une assistance de lEsprit nécessaire à lacte de foi. Et, dans ce cas, elle précédait la profession de foi. Puis venait une onction dhuile sur le front, en forme de croix, la consignation. Le rite paraît avoir son origine dans les onctions utilisées dans le judaïsme pour les rois et les prêtres. Cette onction était faite avec un mélange dhuile et de parfum appelé le chrisma ou chrême. Elle signifiait une communication spéciale de lEsprit en relation avec la mission des chrétiens. Cest cette onction qui est devenue par la suite un sacrement particulier, la confirmation.
Saint Jean Chrysostome: "Dans les combats olympiques, larbitre se tient au milieu des deux adversaires sans en favoriser aucun [...]. Dans le combat qui nous oppose au Diable, le Christ ne se tient pas dans lentre-deux, il est tout entier nôtre [...]: quand nous sommes entrés en lice, il nous a oints, tandis quil a enchaîné lautre." Le rite consiste habituellement dans une imposition des mains, à laquelle se joint parfois une onction dhuile, symbole de lagilité dans le combat."
Le symbolisme du feu
Le feu est lié à la vigueur du souffle car ce dernier ne peut pas exister sans oxygène. C'est de cette manière que le feu est intimement lié au symbole de l'air. La quantité et la vigueur du feu va donc dépendre de la présence du souffle et de sa vigueur (Jr 6,29; Ez 21,36). L'eau attise le feu au lieu de l'éteindre car ce n'est pas l'eau mais la pression de l'eau qui étouffe le feu. Lorsqu'il s'agit du feu divin tout particulièrement le feu s'embrase davantage avec l'eau (Sg 16,17-19). Le baptême engendre le feu de l'Esprit. Il faudra ce feu divin dans le coeur des justes pour résister, contrairement aux impies, au feu de Dieu (Sg 16,17-19.23; Is 43,2). La Parole de Dieu est un feu (Jr 23,29) mais le feu est aussi le refuge des démons (Ba 4,35) et est éternel (Mt 18,8; 25,41). Dans le livre d'Ezéchiel, Israël est comparé à la vigne qui doit être brûlée au feu de l'Exil pour pouvoir redevenir une "terre fertile" (Ez 19,12-14; 28,18; Ez 36,35).
Un petit feu peut embraser toute une forêt (Jc 3,5), l'Esprit-Saint peut faire des grandes choses à travers ce qui est faible car Dieu peut ainsi déployer sa puissance dans notre faiblesse (Rm 8,26; 1 Co 1,25; 2 Co 12,9). Dans l'Apocalypse l'Esprit est clairement identifié au feu (Ap 4,5) mais le dragon est aussi rouge que le feu (Ap 12,3) et la Bête peut même accomplir des prodiges étonnants jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur terre. (Ap 13,13) Toutefois celui qui adorera une telle Bête boira le vin de la fureur de Dieu, il subira le supplice du feu devant l'Agneau (Ap 14,10) et tous seront vaincu par Dieu dans un étang de feu (Ap 19,20) de même que le diable lui-même (Ap 20,10) et la mort (Ap 20,14). Cet étang de feu est le symbole de la seconde mort y sont jetés tous ceux qui ne sont pas inscrits au livre de Vie (Ap 20,15; 21,8).

Le feu symbole de la Présence divine
La colonne de feu éclairait le Peuple de Dieu dans le désert durant la nuit pour qu'ils puissent marcher de jour comme de nuit (Ex 13,21). Cette colonne de feu est Dieu lui-même, elle est là pour éclairer. Par contre, le jour, c'est une colonne de nuée qui guide le peuple. Y aurait-il déjà l'annonce, dans ce passage, de notre difficulté de reconnaître la présence de Dieu lorsqu'il fait jour, lorsque tout va bien et qu'il y a plus de facilité à reconnaître Dieu dans l'épreuve ? Ou plutôt n'est-ce pas sur la croix, au creux de la nuit de l'abandon que l'on reconnaîtra véritablement le Fils de Dieu ? (Mc 15,39)
C'est au petit matin, à l'aube du salut, que Dieu, du haut de la
colonne de feu et de nuée, sema la panique dans le camp égyptien ! (Ex 14,24).
Les deux colonnes symbolisent ici le passage de la nuit au jour.
Il est aussi intéressant de rapprocher le symbole du yin et du yang chinois.