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| La force symbolique, des histoires pour une croissance
humaine et spirituelle, l'unification de l'être et sa guérison. Un peu de psychologie Gérer et connaître les origines psycho-spirituelles de la souffrance des jeunes est déterminant. Un moyen important et privilégié pour y parvenir est celui des histoires et de leurs symboles. Les images ou symboles suscités par le récit d'une histoire révèlent généralement la souffrance et les sentiments expérimentés par toute personne, jeune ou adulte, de façon inconsciente ou refoulée, ainsi que ses aspirations profondes. Le contenu de l'inconscient peut être amené à la conscience en partie, par la voie des images ou symboles intérieurs qui se manifestent, entre autres, dans les rêves. Or, tout comme le rêve, l'histoire est un moyen qui, à cause des symboles qu'il éveille chez l'auditeur, donne accès au contenu de son inconscient. Une telle ouverture vers le contenu psychique inconscient donnera accès à la fois aux souffrances et sentiments qui y sont logés par le refoulement et la répression ainsi qu'aux aspirations spirituelles profondes inconnues (inconscientes). Autrement dit, le symbole est le "véhicule" privilégié de l'être profond et tout toutes les expériences et connaissances sensorielles de l'inconscient. Le symbole révèle l'identité profonde de
la personne. La spécificité de l'histoire symbolique est de faire émerger dans le
conscient les sentiments douloureux refoulés par le "moi" dans l'inconscient et
de conscientiser les asprations et valeurs propres à son être spirituel profond.
L'histoire symbolique a la particularité d'indiquer ce qui fait obstacle à
l'épanouissement et à l'unification de la personne humaine autour de son identité
profonde. Comment utiliser les histoires symboliques ? "Pour s'assurer d'une utilisation adéquate de l'histoire, l'éducateur ou le parent devra renoncer à l'idée que les symboles ont une signification objective et extérieure aux personnes qui les voient. Freud dira que la comparaison entre les symboles et les souvenirs d'un sujet donné constitue la base la plus sûre d'interprétation des symboles issus du rêve ou de l'histoire. Seul l'auteur des symboles en détient la clé de signification. Freud précisera que la compréhension du sens des symboles se fait par voie de comparaison et d'interprétation. La symbolique (le rapport entre les symboles et leur interprétation) doit être abordée par une sorte de comparaison associative entre les symboles et les souvenirs que le rêveur possède de ses expériences antérieures (passé récent ou lointain). Chercher à comprendre la symbolique du rêve ou de l'histoire chez un individu nécessite que son interlocuteur tienne compte de plusieurs niveaux d'interprétation. En somme, la nature de chaque symbole a ceci de particulier qu'elle dévoile les zones cachées à la conscience dans leurs particularités psychologiques et spirituelles. P.ex. un jeune qui a risqué de se noyer à la mer n'aura pas la même perception symbolique de l'eau et de la mer que l'enfant qui y a trouvé toujours beaucoup de joie en étant un excellent nageur ! La marche à suivre pour interpréter les
symboles d'une personne sera de vérifier, auprès d'elle, le sens qu'elle trouve à ses
images, en les comparant à ses souvenirs. Il s'agit là d'un processus d'association
libre entre la nature de chaque symbole et la nature des expériences issues de son passé
lointain ou récent. Lorsque l'on associe ou que l'on compare le caractère des symboles
avec le caractère de ses expériences passées ou récentes, il se produit généralement
une prise de conscience, un contact avec une émotion ou un sentiment contenu ou caché
derrière le symbole. Ce sentiment amène habituellement à conscientiser quelque chose
sur soi-même, enfoui jusque-là dans l'inconscient. Cet aspect nouvellement conscientisé
permet alors un dégagement du sentiment refoulé et un début de libération des
aspirations de l'être profond. Il y a 4 niveaux d'interprétation pour chaque symbole : 1) le vécu de la veille Par le processus d'interprétation du symbole on obtient le sens et le contenu émotif caché dans la symbolique de chaque image. Illustration Prenons l'exemple d'une histoire racontée à un groupe de jeunes. Supposons que nous présentons une intrigue à ces jeunes, suggérant la figure d'un ours méchant qui s'avance pour dévorer un petit lapin. Chacun des enfants aura sa propre représentation de l'ours et du lapin. L'un d'entre eux verra l'ours méchant très gros, de couleur noire et la gueule ouverte, prêt à avaler le petit lapin blanc. L'autre le verra de couleur brune, grandeur moyenne mais les pattes d'en avant agrippant avec violence le petit lapin à taches grises. Au-delà de cette première représentation, si le temps le permet, on demandera aux enfants: «Qui est l'ours et qui est le lapin pour toi?» Chacun aura sa petite histoire personnelle à raconter. Celle-ci dévoilera les traces ou les résidus d'une expérience de la veille chez l'enfant (l'expérience de la veille peut s'étendre à quelques jours ou à la semaine qui précède). Il s'agit du premier niveau d'interprétation des symboles «ours» et «lapin». Jérémie dira peut-être que l'ours c'est sa maman qui ne cesse de l'écraser de ses exigences et de ses insistances pour l'envoyer à l'école et que le lapin c'est lui-même, impuissant devant l'autorité de sa mère. Une autre enfant, appelons-la Julie, nous révélera peut-être que l'ours c'est son père alcoolique qui, chaque soir, rentre à la maison en état d'ébriété, prêt à battre tout ce qui bouge. Le lapin, dira-t-elle, c'est elle-même, apeurée par la violence de celui duquel elle attend l'amour. Une fois dévoilé, le premier sens des représentafions de chacun permet l'expression de leurs sentiments les plus immédiats: en l'occurrence, l'impuissance et la peur. Un parent ou un éducateur averti qui trouvera un peu de temps pour poursuivre l'exercice arrivera peut-être, à partir de ces mêmes images et symboles, à faire parler l'enfant sur ce qu'il vit à la maison, sur le traumatisme qu'il porte intérieurement et qu'il cache aux autres comme à lui-même. Les images et symboles qui émergent chez l'enfant comme chez l'adulte ont cet effet quasi magique de porter et de dévoiler un contenu émotif, un sentiment parfois difficile à exprimer. Avec une connaissance plus approfondie des situations vécues par le jeune, nous pourrions donc apercevoir la présence du deuxieme niveau d'interprétation. En effet, le contenu émotif immédiat pourrait certainement avoir un caractère durable. Le système familial du jeune pourrait en donner des indices. Les pressions de maman, bien qu'elles aientété ressenties aussi récemment que la veille ou les jours précédents, ont possiblement été expérimentées depuis longtemps. On pourrait constater, par exemple, que l'interprétation faite par l'enfant de son expérience immédiate est révélatrice d'une difficulté ou d'une expérience particulière qui le préoccupe depuis plusieurs mois déjà. C'est le deuxième niveau d'interprétation. En approfondissant encore, nous pourrions nous rendre compte que Jérémie subissait déjà les pressions de maman lorsqu'il commença la maternelle. Les insécurités de Denise face à la perte de contrôle sur son fils pouvaient déjà être présentes pendant l'enfance de Jérémie. Manifestées de façon plus évidente à ce stade de sa vie, elles peuvent expliquer certaines souffrances intérieures et inconscientes développées chez Jérémie depuis sa petite enfance. Nous avons là des indices de la structure de personnalité (et des mécanismes de défense) refoulement pour éviter la souffrance. Nous sommes ici au troisième niveau d'interprétation du symbole.Dans les mêmes symboles de l'ours et du lapin, nous retrouvons toute l'expérience affective de la relation de Jérémie avec sa maman depuis ses débuts. Les indices des aspiraflons et sentiments refoulés dans son inconscient depuis son enfance s'y trouvent présents. Ce niveau renvoie à ce que l'enfant a appris en bas âge pour adapter ses tendances pulsionnelles aux limites de la réalité et aux exigences extérieures. La violence de papa envers Julie, bien qu'elle soit sporadique, a peut-être été exercée depuis que l'enfant est née. L'influence des excès de consommation du père a sûrement laissé des marques profondes dans l'inconscient de Julie. Le processus de structuration de sa personnalité en a nécessairement été affecté au point où Julie portera une souffrance sourde et sournoise liée à un refoulement profond de ses sentiments et de son être. La représentation de l'ours et du lapin porte donc, pour Julie, tous les signes d'accumulation de son expérience relationnelle avec son père et des blessures qui en découlent. Les enfants, issus de familles dans lesquelles l'abus, la négligence ou l'instabilité existent, porteront en eux des souffrances d'autant plus lourdes. Les marques liées à la violence physique ou sexuelle, à la négligence ou au traumatisme, laisseront chez les enfants des traces profondes deblocages affectifs et de coupures émotives. Les angoisses et les souffrances existentielles profondes et souvent très cachées seront ressenties tout aussi péniblement. il sera donc important, pour l'adulte qui accompagnera l'enfant dans l'exploration et l'expression des sentiments refoulés à ce niveau de blessure, d'user de délicatesse et de respect exceptionnel. Le quatrième niveau d'interprétation rejoint les aspirations et valeurs de l'être profond. En plus de faire émerger les sentiments refoulés à l'enfance, les symboles et images dévoilent les aspirations et valeurs cachées derrière ces refoulements. Ils donnent accès aux caractéristiques propres à l'identité profonde de chaque personne. En exposant la personne aux répressions et refoulements constitutifs d'une partie de la structure de sa personnalité, les symboles et images laissent entrevoir du même coup ce qui se cache derrière ces mécanismes de protection. Ils font apparaître les indices révélateurs des aspirations et valeurs universelles auxquelles aspire la personne. Lorsque Jérémie apprit à se protéger contre les pressions de sa mère, il portait sûrement en lui des aspirations qui n' arrivaient pas à s'épanouir. Aspirait-il à la liberté, à l'épanouissement de son identité véritable, à l'harmonie dans une relation chaleureuse? Nul ne le sait. On pourrait supposer qu'il aspirait à l'une ou l'autre de ces valeurs. Sa représentation du lapin en donnera des signes tels un regard tourné vers l'extérieur ou un effort pour se défaire des griffes de l'ours. On pourrait lire, à travers de tels indices, une aspiration à la liberté. Ainsi, pour Julie, trouverons-nous des indications de ce qui pourrait laisser entrevoir des aspirations à la paix, à la joie ou à la sérénité avec un père aimant dans la manière dont elle se représente le lapin. Ce dernier pourrait être retiré dans un coin, cherchant à se protéger du danger, ou encore tourné vers les rayons du soleil ajoutés, comme par hasard, à la scène. L'attention portée aux caractéristiques précises de leurs représentations et à la façon qu'auront les enfants d'en parler nous révélera les manifestations de leurs valeurs profondes. Une démarche d'accompagnement dans l'interprétation des symboles devra tenir compte des éléments de chacun de ces quatre niveaux. Les prises de conscience et de contact avec les souffrances et les refoulements relevant du troisième niveau seront généralement difficiles. Elles ne seront pas toujours possibles dans un processus de croissance. Difficile à atteindre pour les adultes, ce niveau l'est habituellement davantage pour les enfants et les adolescents. Ces derniers sont encore au stade de croissance psychologique qui consiste à consolider les bases mises en place lors de la petite enfance. Un acharnement à vouloir entrer en contact avec les sentiments refoulés à ce stade irait à l'encontre de leur processus de croissance, créant chez eux un sentiment d'étrangeté et un refus d'avancer sur ce terrain. Les symboles permettant de révéler les aspects de la structure psychologique du jeune ne devraient servir que d'indices, pour l'éducateur et le parent, de la profondeur de sa souffrance et possiblement de la dynamique familiale qui y contribue (troisième niveau). Ils peuvent du même coup révéler les aspirations et valeurs profondes de l'enfant (quatrième niveau). L'accompagnement d'un jeune dans l'interprétation de ses symboles consistera surtout à favoriser l'expression des sentiments douloureux qu'il vit, soit à cause d'une situation familiale déchirée, soit à cause d'un cas de mésentente ou d'incompréhension à l'école. Plus le jeune aura l'occasion d'exprimer la souffrance qu'il porte au fond de lui, plus il aura la chance de démanteler les mécanismes de défense mis en place et de libérer ses sentiments refoulés. Plus il atteindra aussi le dégagement nécessaire à l'épanouissement des valeurs de son être profond. Ainsi, les aspirations qui pouvaient être exagérément refoulées dans l'inconscient auront l'occasion de connaître un parcours plus libre et plus vivant. Ajoutons maintenant un point essentiel à
la bonne marche de l'utilisation des histoires. Pour qu'un parent ou un éducateur soit
efficace dans l'accompagnement d'un jeune vers l'interprétation de ses symboles, il devra
lui-même avoir fait l'expérience d'interpréter ses propres symboles. Dès l'âge de
20-25 ans, on peut dire du jeune adulte qu'il a une personnalité assez bien formée pour
établir une vie autonome d'intimité, d'engagement et de don de lui-même. Son
orientation première d'engagement et de don de soi à une cause, à une famille, etc.,
est appuyée sur les acquis de son passé.Sur le plan des sentiments et des émotions, il
porte en lui ce qu'il a appris et développé comme mécanismes de refoulement et de
répression. Les comportements développés envers ses proches et envers ceux qu'il vise
à aider ou à servir seront imprégnés de ces mécanismes de refoulement construits
pendant l'enfance. Pour éviter que ces derniers aient des répercussions nuisibles sur
l'éducation ou l'accompagnement offerts à leurs jeunes, il sera profitable que les
adultes fassent ce travail d'introspection des éléments contenus dans leur inconscient.
Pour eux, comme adultes, il sera donc encore plus urgent que pour un enfant de connaître
et de dégager ce qui, relevant du troisième niveau, fait obstacle à l'épanouissement
de leur être profond. Une telle démarche en favorisera une deuxième, celle d'apporter
les modifications nécessaires à maximiser la qualité de leur relation avec les jeunes
et leur efficacité dans l'accompagnement qu'ils offriront à ces mêmes jeunes.
D'ailleurs, dans ce qui relie les jeunes aux adultes, il n'est pas rare de rencontrer des
messages implicites d'insatisfactions et de souffrances intérieures qui confrontent ces
derniers, comme par effet de miroir, à leur dynamique ou structure psychologique interne.
Les réactions des adultes face aux souffrances des jeunes ne seront souvent rien de moins
que le reflet de leurs réactions intérieures face à leurs souffrances. L'importance
d'atteindre les troisième et quatrième niveaux d'interprétation révélés par la
symbolique des histoires sera donc capitale pour l'adulte éducateur ou parent. Ceux et
celles qui auront le courage de recevoir les confrontations offertes par leurs jeunes
comme une occasion de croître vers une plus grande vérité sur eux-mêmes, s'en
trouveront grandement enrichis. Désireux d'accompagner ces derniers selon ce qu'ils
méritent, ils trouveront essentiel de faire un cheminement intérieur au niveau de leurs
acquis inconscients. Ils chercheront à se dégager de ce qui pourrait les amener à
transmettre à leurs jeunes les mêmes blocages qu'ils portent et mamtiennent dans l'ombre
et qui sont sources de souffrances sourdes et silencieuses. L' histoire, par sa
symbolique, aura donc une double utilité. Elle aura comme avantage pour les enfants de
les aider à exprimer les sentiments vécus dans une situation douloureuse immédiate ou
prolongée. Pour les adultes, elle permettra de rendre plus conscient et de dégager ce
qui, dans leurs refoulements d'émotions et de sentiments, fait obstacle à
l'épanouissement de leur être profond. On pourra ajouter qu'un tel cheminement chez les
adultes les rendra plus libres intérieurement pour rendre le meilleur service auquel ont
droit les jeunes qu'ils éduquent. |
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