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Le symbolisme de l'huile

Le symbolisme de l'huile se superpose exactement à celui de l'olivier, puisque l'huile provenait des olives broyées. On accordait un soin spécial à l'huile destinée au Temple, à la confection des parfums (Nb 4, 16). On éliminait les débris de noyaux, de manière à obtenir de l'huile vierge (Ex 27, 20). Puisque l'huile servait à alimenter le chandelier à sept branches, on en fit un symbole de lumière. En revanche, les deux oliviers, dont l'huile entretient les lampadaires, symbolisent le Roi et le Prêtre en Za 4, 11-14.

L'onction royale, faite avec l'huile de joie (Ps 45, 8), était le signe de l'élection divine et aussi de l'irruption de l'Esprit (1 S 10,1-4). On répandait l'huile sur la tête du roi en forme de couronne. Pour l'onction du grand prêtre, l'huile était versée en forme de croix, en forme de la lettre grecque Chi, selon les dires du Talmud. Elle descendait sur la barbe d'Aaron. L'huile qui faisait resplendir les visages devenait ainsi un symbole de joie (Ps 104, 15). Le roi et le prêtre étaient les oints de Dieu. Le mot hébreu signifiant "oint" se traduit en grec par christos. Il fut appliqué à Jésus, l'oint du Seigneur.
À partir de la venue du Christ, la promesse du salut déborde le peuple juif et s'étend à tous les peuples. Le baptisé est introduit dans le peuple de rois, et dans le peuple de prêtres.
Il reçoit à son baptême l'onction du saint Chrême. Le patriarche Jacob, à qui Dieu était apparu durant son sommeil, répandit de l'huile sur la pierre où il reposait la tête : il manifestait ainsi la présence divine qui l'avait visité en ce lieu. De même le roi et le prêtre sont introduits dans la sphère divine et protégés par la force de Dieu. Dans l'antiquité, les onguents à base d'huile d'olive étaient censés posséder un pouvoir merveilleux.

Les sportifs dans le stade s'en enduisaient pour se fortifier. De plus, la statue de Jupiter l'Olympien, qui dominait le stade où se disputaient les jeux olympiques, était ornée d'une couronne d'olivier. Les vainqueurs des jeux l'étaient également c'était d'ailleurs leur seule récompense.
Au seuil de l'âge adulte, l'Église rappelle, à la suite de saint Paul, à celui qui va être confirmé, que la vie chrétienne est une lutte. Le chrétien sera couronné s'il est vainqueur contre le mal. L'huile sert également à la préparation et à l'assaisonnement des aliments farineux et du pain (Dt 12, 17). Elle est un aliment de première nécessité (Dt 28, 38-40).
On en fit un
symbole de richesse et de prospérité. Elle est une bénédiction (Dt 7, 13>, comme l'olivier est le symbole du juste béni de Dieu (Ps 52, 10). Elle est aussi le signe du bonheur eschatologique (Os 2, 24). Dieu la donne à celui qui observe ses commandements. C'est généralement l'huile de première pression qui était réservée à l'alimentation, tandis que l'huile de deuxième pression servait à fabriquer des onguents. Au Temple, on apportait des offrandes de farine, d'huile et de vin. On préparait des galettes spéciales.
L'huile est enfin un
symbole d'amour (Ct 1, 3) et d'amitié (Pr 27, 9). La déesse Athéna, selon la tradition hellénistique, aurait fait surgir le premier olivier sur l'acropole et l'aurait offert à la ville. L'olivier devint symbole de paix et de prospérité. La promotion de l'olivier par Athéna rejoint une ancienne tradition biblique : au lendemain du déluge, l'humanité rentra de nouveau en grâce avec Dieu lorsque la colombe, envoyée de l'arche de Noé, y revint avec un rameau d'olivier dans son bec. C'était le signe de la réémergence et du reverdissement des terres englouties avant la conclusion de l'alliance universelle entre Dieu et Noé. D'après la version synagogale de l'Écriture, ce rameau d'olivier provenait du mont des Oliviers.

C'est cette alliance universelle qui est scellée maintenant dans le sang du Christ, l'Oint par excellence. Le jeudi saint, l'Église consacre les saintes huiles.

La première huile qui est bénie est celle des catéchumènes : elle sera utilisée dans le rituel du baptême et il en sera fait une onction sur la poitrine du baptisé.

La deuxième huile est celle des
malades : elle sert à l'administration du sacrement des malades  d'après une ancienne tradition qui remonte à la Lettre de Jacques. L'huile était un médicament qui servait à guérir les plaies (Is 1, 6 ; Mc 6, 13 ; Lc 10, 34).
La troisième huile est le
Saint Chrême qui est un mélange d'huile d'olives et de baume. Jadis, le Saint Chrême servait au sacre des rois. Aujourd'hui, le prêtre en fait une onction sur le front du baptisé et l'évêque renouvelle ce rite sur le front de l'adolescent lors de sa confirmation. Il sert aussi au sacre des évêques et à la consécration des Églises, des autels et des vases sacres. L'Église reprend ainsi à son compte le symbolisme biblique très riche de l'huile.

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