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| Le symbolisme du vin à partir de la symbolique de la vigne
La vigne, connue dès le Néolithique dans le Croissant Fertile, a été cultivé pour sa fertilité, sa longévité et la saveur de ses fruits. Chez les Egyptiens, Osiris, le Dieu qui personifie le mystère de la mort et de la résurrection sous l'Ancien Empire, est souvent symbolisé par un arbre - colonne vertébrale d'Osiris - mort aux branches coupées qui devait refleurir (Symboles végétaux, Ana Maria Quinones, DDB 1995, pp. 232-233), symbole annuel du miracle de l'arbre sec qui se couvre de feuilles. C'est arbre est donc le symbole du mystère de la résurrection pour tout égyptien. C'est dans cette symbolique que l'on a attribué à la vigne le même symbole du mystère de la mort et de la résurrection. La vigne sera, pour les peuples de l'Orient ancien, l'arbre sacré, si ce n'est divin, des religions qui se sont développées autour d'Israël, aux premiers temps. Dans l'Ancien Testament, la vigne devient un arbre messianique et devient une des richesses les plus appréciée dans ce pays mais le vin jouit d'un prestige plus remarquable encore. La couleur rouge du raisin fait penser au sang versé, aux sacrifices d'animaux. D'autre part, le vin est symbole de connaissance et d'initiation en raison de l'ivresse qu'il produit. Symbolique chrétienne de la vigne Le symbolisme de la vigne, mieux que tout autre, permet d'apprécier le syncrétisme religieux, puisque la vigne conservera le sens de vie, d'immortalité tout en gardant le caractère funéraire dont elle avait été investie aussi bien au Proche-Orient qu'en Egypte, en Grèce et à Rome. Néanmoins ce sont les textes des Evangiles et des Pères de l'Eglise qui lui conféreront une nouvelle dimension. Jean 15 : la vigne devient l'emblème du Christ "Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire.Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent." (Jn 15,1-6) Le Christ est la vigne véritable sur laquelle nous sommes les sarments greffés. La vigne est donc le Corps mystique du Christ, l'Eglise. Les vendanges symbolisent la récolte des fruits de la vigne mais elles ne se feront pas sans mal car elles impliquent un broyage des fruits dont on pourra juger la qualité après la fermentation et un temps de repos. Ce broyage symbolise la mort (Ap 14,18-20). On retrouve ici la dimension funéraire de la vigne d'autant plus qu'elle va également symboliser le paradis, (Lc 22,17-18.20) c'est-à-dire le moment où l'on peut savourer le vin nouveau qui coule de la vigne purifiée par la Pâque (passage de la mort à la résurrection) pour le banquet céleste. Cette vigne est purifiée dans le sang de l'Agneau dont le symbole est le jus rouge du raisin qui coule au moment du broyage. Le texte des Nombres (Nb 13,23-24) est très intéressant car il donne l'occasion de montrer la liberté exégétique des Pères de l'Eglise. C'est l'exégèse que nous aimons ! La rigueur scientifique moderne déssèche tellement souvent l'exégèse actuelle ! "Deux hommes portent sur une perche une grappe énorme, ce qui signifie que deux peuples, les juifs et les gentils, allaient reconnaître Jésus élevé sur la croix et dont le sang devient le vin nouveau dans le sacrement de l'eucharistie." (Symboles végétaux, o.c., p. 238) Le "sang rouge" du fruit de la vigne transformé dans l'eucharistie devient le sang du Christ. Le vin est signe d'alliance, de communion entre Dieu et les hommes comme il l'avait déjà été pour Noé (Gn 9). |
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